Transformation d’un atelier de réparation automobile en école de musique

  • Années: 2021 - 2024
  • Lieu: Lausanne (CH)

La transformation d’un atelier de réparation automobile en école de musique est le fruit d’un processus que l’on aimerait qualifier d’organique. Occupation et activation préalable du lieu, planification du chantier en couches se superposant les unes aux autres, matérialité et esthétique, développement de dispositifs techniques sobres et durables, réassignation de l’existant figurent les différentes strates d’un projet dont la transparence du geste constructif se voudrait le résultat.

Dès son origine, cette réaffectation s’envisage comme un processus, une succession d’actions qui rétroagit sur l’ensemble de la transformation.
En amont des travaux, le site, est investi par l’atelier des architectes qui bénéficient de cette opportunité pour expérimenter in situ les volumes concernés ainsi que pour faire évoluer la proposition en concertation avec le maître d’ouvrage : des résidences avec des étudiant·e·s sont mises sur pied afin d’élargir les réflexions au sujet des potentialités qu’offre le lieu et divers événements culturels y sont organisés. Par exemple, un concert incite à libérer l’espace central en déportant les poteaux pour une meilleure spatialité de l’auditoire. Cette immersion rend possible une appréhension du contexte urbain et du bâti existant de l’intérieur de ceux-ci.

En conséquence, la planification est réalisée simultanément au chantier, comme une manière de laisser ouvert ce qui doit l’être, tout en prenant relativement rapidement les décisions radicales, définitives, qui conditionnent l’ensemble des travaux.

Dans la mesure du possible, le réemploi et la revalorisation ont été privilégié. Il en va, par exemple, de la conversion de la citerne à mazout en réservoir d’eau dévolu à la réalisation du système de refroidissement ou de l’emploi des nervures du plafond pour abriter le préchauffage de l’air entrant. Ces aspects techniques prennent en compte les impératifs de sobriété et de durabilité dont témoignent les murs en briques de terre crue choisis pour leurs caractéristiques hygrométriques ou le renforcement de l’autorégulation thermique de l'édifice par les apports de fraîcheur de la couverture végétalisée.

Il semblait du reste intéressant de donner à voir comment le nouveau se mêle à l’ancien, sans distinction. L’esthétique qui résulte de ces décisions – l’appréhension de matériaux bruts, sourcés et qualitatifs comme les briques en terre crue soigneusement appareillée, les plancher en sapin originaire d’une scierie lausannoise, le meuble du foyer en bois suisse assemblé entièrement sans colle, ou le Linoleum naturel – semble être des choix cohérents avec l’affectation originelle et le contexte immédiat du bâtiment.

Les éléments techniques (eau, électricité, ventilation, chauffage), que l’on s’ingénie usuellement à dissimuler, sont envisagés comme une strate bâtie égale aux autres, dont la matérialité n’a pas à être cachée ou enfouie. Outre les possibilités d’interventions, d’ajustements ou de modifications futures de ce fait facilitées, il s’agit d’un choix en faveur de la transparence du geste architectural. Cette option offre une compréhensibilité plus directe. L’objet livré prend alors la forme d’un ensemble fonctionnel, d’un outil, à prendre en main par celles et ceux qui en ont l’usage.

Équipe de projet: Zoé Aymon, Jean-Michaël Taillebois, Sébastien Tripod

en collaboration avec:

Ing. civil: Demierre consulting

Ing. acoustique: Décibel Acoustique

Phys. bât.: Perenzia

Briques de terre BTC/s: Terrabloc

Meuble du foyer développé en collaboration avec l’ébéniste designer Jules Desarzens et le menuisier Louis Gibault

Atelier pour l'aménagement de la toiture et ensemencement avec les utilisateurs·ices co-organisé avec Antonin Basser (Arch. paysagiste)

Utilisateurs·ices: Compagnie Albertine

Maîtrise d'ouvrage: mécène privé